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31 octobre 2013 - La consommation d’énergie en France en 2012 - UFE

L’analyse de la consommation annuelle d’énergie du pays est fondamentale car elle permet de mesurer les conséquences en termes de bilan climatique (émissions de CO2 et plus généralement de gaz à effet de serre) et de balance commerciale (facture énergétique). En effet, une consommation d’énergie en grande partie composée de produits pétroliers aura des effets bien plus néfastes d’un point de vue climatique et économique, qu’une consommation basée sur des sources d’énergie propres et produites en France.

Répartition de la consommation selon la source d’énergie

La consommation d’énergie finale totale (corrigée des variations climatiques) s’est élevée en France à 154 Mtep en 2012, soit une baisse de 0,5 % par rapport à l’année 2011. Dans le détail, la répartition entre énergies est la suivante :

Cette évolution globale traduit la poursuite des tendances énergétiques observées depuis plusieurs années :

  • la consommation de produits pétroliers et de charbon décline au fil des ans
  • le recours à l’électricité et aux EnRt [1] ne cesse de progresser
  • la consommation de gaz reste plutôt stable autour de 32 Mtep depuis le début des années 2000.

Ainsi, alors qu’en 2012 la consommation finale d’énergie reste quasi stable par rapport à l’année 2011, on constate que les évolutions de chacune des sources d’énergie sont plus marquées : la consommation de pétrole a reculé de plus de 2 % et celle du charbon de plus de 3 %, alors que dans le même temps la consommation d’EnRt a nettement progressé (+6,5 %). Une approche en termes sectoriels permet d’expliquer ces évolutions différenciées entre énergies.

Répartition sectorielle de la consommation finale d’énergie

En 2012, la consommation d’énergie finale du secteur résidentiel-tertiaire représente 44 % de la consommation totale d’énergie en France, avec 69 Mtep consommées sur un total de 154. Suivent ensuite les consommations du secteur des transports (32 %), de l’industrie (21 %) et enfin de l’agriculture (3 %).

Comparé à l’année 2011, la consommation d’énergie a reculé dans l’industrie et dans le secteur des transports, et elle est restée quasi stable dans le secteur résidentiel-tertiaire. Dans le secteur des transports, cette baisse globale de la consommation d’énergie en 2012 est à rapprocher du repli estimé du transport intérieur de marchandises [2], alors que le transport intérieur de voyageurs a continué de progresser lentement.

Sur le long terme, la consommation d’énergie finale a nettement fléchi dans l’industrie (-22,3 % de 1981 à 2012), alors qu’elle a fortement augmenté sur la même période dans les autres secteurs, notamment dans les transports (+53 %).

Dans le détail de la consommation d’énergie du secteur industriel, le recours au charbon s’est sensiblement amoindri en quelques décennies, passant de 8,4 Mtep en 1990 à 4,9 Mtep en 2012, de même que l’utilisation de produits pétroliers (de 9,3 Mtep consommées en 1990 à 5,1 Mtep en 2012).

Concernant le secteur résidentiel-tertiaire, la consommation d’électricité a progressé de +2,6 % en 2012, principalement dû à la consommation du secteur résidentiel (+4,0 % contre +1,1 % dans le tertiaire). Cette augmentation est probablement liée à l’utilisation plus intense de la climatisation au cours de l’été 2012, plus chaud que celui de l’année 2011. A l’opposé, la consommation de produits pétroliers a reculé en 2012 de 7,0 % dans le secteur résidentiel et de 7,9 % dans le tertiaire par rapport à l’année 2011, en lien avec le déclin de l’utilisation du fioul domestique comme moyen de chauffage.

Enfin, dans le secteur des transports, la consommation de carburants a reculé de 0,8 % en 2012. Ce repli concerne les carburants issus du pétrole (-1,5 %), tandis que le recours aux biocarburants a fortement augmenté (+12 %). En outre, l’utilisation d’électricité et de gaz naturel dans les transports a progressé modérément (respectivement de +2,4 % et +1,3 %).

Conséquences climatiques et économiques

La légère baisse de la consommation d’énergie observée en 2012, et en particulier de consommation de produits pétroliers, a pour conséquence une amélioration du bilan climatique de la France. D’après les premières estimations fournies par le SOeS, les émissions de dioxyde de carbone (CO2) ont diminué de 3,1 % en 2012. Elles s’établissent désormais à un niveau inférieur de presque 9 % à celui enregistré en 1990.

La branche énergie constitue le principal facteur expliquant la réduction des émissions de CO2 totales de l’année 2012. Cela est notamment lié à la fermeture de la raffinerie de Pétroplus en 2012, qui a entraîné une réduction de l’activité de raffinage de pétrole sur le territoire français. Les émissions de CO2 liées au bâtiment du secteur résidentiel-tertiaire se sont également repliées, grâce au moindre recours du fioul domestique pour le chauffage des logements et des bureaux.

Bien que la réduction de l’utilisation de pétrole en 2012 ait permis une amélioration du bilan climatique de la France, elle n’aura cependant pas entraîné une réduction de la facture énergétique française. En effet, celle-ci s’est élevée en 2012 à 69 Mds€, le plus haut niveau jamais observé, en lien avec l’augmentation des prix de l’énergie. La facture liée aux importations d’énergie représente désormais 3,4 % du PIB de la France, contre seulement 1 % dans les années 1990. Dans le détail, le montant lié aux importations de pétrole a augmenté de plus de 4 Mds€ (+8,4 %) par rapport à 2011, atteignant désormais près de 55 Mds€, dans un contexte de hausse des prix du pétrole. Les dépenses liées aux importations de gaz ont elles aussi nettement progressé (+16,3 %), et s’élèvent désormais à 13,5 Mds€. L’électricité reste la seule énergie pour laquelle le solde commercial de la France est excédentaire : les exportations d’électricité ont représenté environ 2 Mds€ en 2012, mais ce montant est de 29 % inférieur à celui enregistré en 2011.

Au final, l’année 2012 est marquée par une poursuite de l’amélioration de l’intensité énergétique [3] finale de l’économie : elle a diminué de 0,6 % en 2012. Cela signifie qu’en dépit de la croissance atone du PIB français en 2012 (0,0 %), des efforts ont été réalisés dans les secteurs d’activité afin de réduire la consommation d’énergie pour une même quantité de production de richesses.




[1Les énergies renouvelables thermiques désignent entre autres les filières bois-énergie, biogaz, biocarburants.

[2Source : SOeS, Les comptes des transports en 2012 – Premiers résultats, avril 2013

[3L’intensité énergétique finale désigne le rapport entre consommation finale d’énergie et PIB en volume. Elle représente ainsi la quantité d’énergie finale nécessaire pour produire une unité de PIB.

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