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23 septembre 2014 - La consommation d’énergie en France en 2013

L’analyse de la consommation annuelle d’énergie du pays est fondamentale car elle permet de mesurer les conséquences en termes de bilan climatique (émissions de CO2 et plus généralement de gaz à effet de serre) et de balance commerciale (facture énergétique). En effet, une consommation d’énergie en grande partie composée de produits pétroliers aura des effets bien plus néfastes d’un point de vue climatique et commercial, qu’une consommation basée sur des sources d’énergie décarbonées et produites en France.

Pour aller plus loin

Synthèse

L’année 2013 aura été marquée par un léger recul de la consommation finale d’énergie (-0,6 % par rapport à 2012), ce qui s’explique par :
- une poursuite de tendance de baisse de la consommation d’énergie de l’industrie,
- la quasi-stabilité de la consommation d’énergie, et notamment d’électricité, du secteur résidentiel-tertiaire.
Cela s’est traduit par :
- la poursuite de la réduction des émissions de CO2 liées à l’énergie en 2013 (-0,7 % par rapport à 2012, -9 % par rapport à 1990)
- la baisse de la facture énergétique de la France de 4 Md€, passant de 69 Md€ en 2012 à 65 Md€ en 2013.
- une amélioration de l’intensité énergétique finale de la France de 0,9 % par rapport à l’année dernière.

⇨ Au total, les produits pétroliers (41%) demeurent la 1ère énergie consommée en France, principalement pour un usage de transport. L’électricité occupe la 2e place dans le bouquet énergétique final (25%), devant le gaz (21 %). Les EnR thermiques franchissent en 2013 le cap des 10 % de part dans la consommation d’énergie.

Répartition de la consommation selon la source d’énergie

La consommation d’énergie finale totale (corrigée des variations climatiques) s’est élevée en France à 154 Mtep en 2013 (soit 1791 TWh), ce qui correspond à une baisse de 0,6 % par rapport à l’année 2012. Le niveau total d’énergie consommée en 2013 se situe en-deçà du niveau observé en plein cœur de la crise en 2009.
Dans le détail, la répartition entre énergies consommées est la suivante :

Cette évolution globale traduit la poursuite des tendances énergétiques observées ces dernières années :

  • la consommation de produits pétroliers décroît progressivement ;
  • le recours aux EnRt [1] ne cesse de progresser ;
  • les consommations de gaz et d’électricité sont plutôt stables, respectivement autour de 32 et 38 Mtep depuis le début des années 2010. Retracer l’évolution de la consommation des différentes énergies sur le long terme permet de dégager certaines tendances structurelles de la demande d’énergie :
  • une réduction progressive mais continue du recours au pétrole
  • au contraire, un poids de plus en plus marqué des EnR thermiques
  • une part de plus en plus marginale de la consommation de charbon
  • un poids de plus en plus important de l’électricité et du gaz, même si une réduction de la consommation peut être constatée sur la période récente, après le plateau atteint au cours des années 2000.

Une approche en termes sectoriels permet d’expliquer ces évolutions différenciées entre énergies.

Répartition sectorielle de la consommation finale d’énergie

En 2013, la consommation d’énergie finale du secteur résidentiel-tertiaire représente 45 % de la consommation totale d’énergie en France (30 % pour le résidentiel, 15 % pour le tertiaire), avec 69 Mtep consommées dont près de la moitié pour le chauffage (33 Mtep). Suivent ensuite les consommations du secteur des transports (32 %), de l’industrie (21 %) et enfin de l’agriculture (3 %). Ces parts restent identiques à celles des années précédentes.

Comparé à l’année 2012, la consommation d’énergie a reculé dans l’industrie - et plus modérément dans le secteur des transports, alors qu’elle est restée quasi stable dans le secteur résidentiel-tertiaire et a augmenté dans le secteur agricole.

Concernant le secteur des transports, la baisse de la consommation d’énergie de 1 % en 2013 s’inscrit dans la tendance observée depuis plusieurs années, avec un repli de 0,2 % par an en moyenne observé sur la période 2003-2013. D’après les estimations du SOeS [2], cette baisse de 2013 est imputable à la contraction de l’activité dans le transport ferroviaire de marchandises, liée au contexte économique morose ; tandis que le transport intérieur de voyageurs est resté stable. Le secteur des transports reste néanmoins le plus consommateur d’énergie en France (32 % du total), et son bouquet énergétique ne se modifie que marginalement, le pétrole y représentant encore 92 % en 2013 et l’électricité 2,2 %.

Dans le secteur industriel, le net repli observé en 2013 (-3 %) s’inscrit dans une tendance enclenchée depuis plusieurs décennies (-23 % de consommation depuis 1981) et qui s’est accentuée avec la crise économique de la fin des années 2000 (-18 % de consommation de 2007 à 2013). La consommation industrielle en 2013 s’établit à un niveau encore plus bas que celui observé au cours de la crise économique de 2009, mais il est difficile d’en distinguer les effets liés à la restructuration du tissu industriel français de ceux liés aux mesures d’efficacité énergétique mises en place ces dernières années.

Dans le secteur résidentiel-tertiaire, la légère hausse globale du secteur masque un recul de la consommation d’énergie du secteur tertiaire (-1,3 % entre 2012 et 2013), tandis que le secteur résidentiel a consommé 0,4 % d’énergie de plus par rapport à l’année précédente. La part d’énergie consacrée au chauffage dans le total de l’énergie consommée dans le secteur résidentiel-tertiaire reste stable à 48 %, le reste des consommations de ce secteur étant lié à des usages spécifiques, notamment en ce qui concerne l’électricité avec en particulier les consommations liées aux technologies de l’information et de la communication (TIC).

Enfin, la consommation d’énergie du secteur agricole reste stable depuis le début des années 1990, les produits pétroliers en représentant les trois quarts.

⇨ Au total, les produits pétroliers (41%) et le secteur des transports demeurent le 1er poste de consommation d’énergie en France. L’électricité occupe la 2e place dans le bouquet énergétique final (25%), devant le gaz (21 %). Les EnR thermiques franchissent également en 2013 le cap symbolique des 10 % de part dans la consommation d’énergie.

Conséquences climatiques

La légère baisse de la consommation d’énergie observée en 2013, en particulier de produits pétroliers et plus modérément de gaz, s’est traduite par une amélioration du bilan climatique de la France en 2013. En effet, d’après les premières estimations fournies par le SOeS, les émissions de dioxyde de carbone (CO2) liées à la combustion d’énergie [3] ont diminué de 1 % en 2013, après avoir déjà reculé de près de 2 % en 2012. Elles s’établissent désormais à un niveau inférieur de presque 9 % à celui enregistré en 1990.

Le secteur des transports constitue, et de loin, le 1er secteur émetteur de CO2 en France (40 %), suivi du secteur résidentiel-tertiaire (25 %). Il est important de souligner que si les émissions de CO2 issues du transport étaient restées stables de 1990 à aujourd’hui, le total d’émissions de CO2 de la France aurait diminué de 13 % de 1990 à 2013 (contre -8,6 % en tenant compte du transport). Hors transport, les émissions de CO2 de la France se sont contractées de 19 % de 1990 à aujourd’hui.

Impacts économiques

La diminution de la consommation totale d’énergie en 2013, et en particulier celle de pétrole, s’est traduite par un léger allégement de la facture énergétique de la France (- 4 Mds€), et cela en dépit de l’augmentation des importations de charbon.
L’électricité demeure la seule énergie présentant un solde exportateur positif, représentant 2 Mds d’euros d’excédent commercial.

La facture énergétique totale de la France s’est ainsi élevée à 65 Mds€ en 2013, pour un déficit commercial total de la France de 61,2 Mds€.

Evolution de l’intensité énergétique

L’intensité énergétique finale désigne le rapport entre consommation finale d’énergie et PIB en volume. Elle représente ainsi la quantité d’énergie finale nécessaire pour produire une unité de PIB. S’intéresser à son évolution dans le temps permet de mesurer les effets liés à l’amélioration des usages énergétiques dans les procédés de production et de l’économie en général, bien que cette évolution puisse également masquer des mutations structurelles de l’économie [4] . De manière générale, l’amélioration de l’intensité énergétique d’un pays coïncide avec une période de croissance économique : c’est en période de prospérité économique que les entreprises investissent pour renouveler leur équipement, ce qui leur permet d’utiliser des machines moins énergivores.

Pour la France, l’intensité énergétique a continué à s’améliorer en 2013 (-0,9 %), malgré un contexte économique morose (croissance du PIB de 0,4 % en 2013). Cela signifie que pour créer une même unité de richesse, une moindre quantité d’énergie est nécessaire. Le rythme annuel moyen d’amélioration de l’intensité énergétique est de 1,3 % sur la période 1981 – 2013.




[1Les énergies renouvelables thermiques désignent entre autres les filières bois-énergie, biogaz, biocarburants.

[2Organe statistique du Ministère de l’Energie

[3Les émissions de CO2 issues de la combustion d’énergie fossile représentent 95 % des émissions de dioxyde de carbone (CO2) totales de la France, et 70 % des émissions de gaz à effet de serre (GES). Pour plus de détails sur la distinction entre émissions de CO2 et GES, se reporter à la Note de conjoncture de l’OIE intitulée « L’objectif « Facteur 4 » : de quoi parle-t-on ? » de juillet 2013.

[4Par exemple, le basculement dans une économie de l’activité industrielle vers l’activité tertiaire entraîne mécaniquement une amélioration de l’intensité énergétique, le secteur tertiaire étant beaucoup moins consommateur d’énergie que le secteur industriel.

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